BIENVENUE

BIENVENUE
Vous pensiez que la lutte des classes n'était qu'une idée inventée par un vieil économiste mort depuis longtemps ? Vous pensiez que vous petites querelles avec vos camarades n'étaient pas bien méchantes ? Vous pensiez que vous étiez unique ?
Mais vous êtes vous déjà demandé ce qui se trouvait de l'autre côté du miroir ?



Lia Ries, 17 ans, vit dans une ville ou la lutte des classes compte plus que tout le reste. Aux yeux de la population de New Cobham, le combat qui sévit depuis toujours entre les deux rives de la ville à plus d'importance que tout le reste : que la famille, que l'amitié, que la survie, que l'amour même.

Dans un monde parallèle, Johan Panaker déroge à toutes les règles de New Cobham. Non content de tomber amoureux d'une fille de l'autre clan, il la tue de ses mains pour sauver Lia. Mais il n'a aucune idée des conséquences que ce sacrifice héroïque aura, dans un monde comme dans l'autre...

On ne joue pas avec son destin, Johan et Lia l'apprendront à leur dépends...




Kristen Bell is Lia Ries
Jensen Ackles is Johan Panaker
Sophia Bush is Kay
Leighton Meester is Mara
Hayden Christensen is Nils




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# Posté le mardi 02 septembre 2008 19:40

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 07:20

EPISODE PILOT

EPISODE PILOT
___La ville de New Cobham, fondée au quinzième siècle par les collons anglais, puis peuplée par des navires et des navires d'immigrés irlandais, ressemblait à n'importe quelle autre ville des Etats-Unis. Dans le centre ville, les quelques bâtisses d'époque étaient noyées au milieu d'immeubles tous plus hauts les uns que les autres, et chaque week-end tous les habitants du Downtown se réunissaient sur les rives de la Red River, seul espace vert du quartier, pour prétendre à leur bouffée d'air frais de la semaine. Puis s'étendait la banlieue, avec ses rues géométriques, ses maisons, ses jardins, ses piscines de quartier. Et dispersés au milieu de tout cela, on pouvait trouver le centre commercial, le super marché, le cinéma, et le lycée. Bref, une ville banale.
Oui, New Cobham répondait à tous les critères de la ville américaine typique. Mais elle était plus que ça, elle était le théâtre de l'éternelle guerre des classes, le Vérone américain. En effet, New Cobham était divisée en deux : les riches, et ceux qui travaillaient pour les riches. Les premiers vivaient à l'Ouest de Red River tandis que les seconds vivaient à l'Est. En somme, deux mondes distincts, séparés par une rivière, existaient dans la seule ville de New Cobham, ne fusionnant que dans un seul et unique lieu : le lycée.
C'est là que vivait Lia Ries, 17 ans, rive Est.

___Lia ne ressemblait pas aux filles de son âge, ni à celle de New Cobham, ni aux autres. Sa meilleure amie Kay avait l'habitude de dire qu'elle était unique, un oiseau rare, selon ces propres mots. Et quand elle voulait pousser la plaisanterie à son maximum, elle prédisait à Lia un brillant destin, n'impliquant rien de moins que le terrassement du clan adverse pour l'éternité ! Mais pour ce qui était de la vie de tous les jours, Lia se contentait d'avoir la langue un peu plus pendue que ses camarades, s'octroyant sans conteste le rôle d'ennemie numéro un du roi de la rive Ouest, Johan Panaker. Il n'y avait pas de roi ou reine de la rive Est, ni même de chef, mais s'il y en avait eu un, ça aurait été elle. Après tout, elle le méritait bien, elle était la salle à avoir le cran de tenir tête à Johan.



___Lia jeta un coup d'½il à sa montre et commença à ranger ses affaires. Dans cinq secondes, Ely allait commencer le décompte, et dans dix secondes la sonnerie allait retentir. C'était toujours la même chose, chaque heure de chaque jour de cour finissait de la même manière, avec le décompte d'Ely (rive Ouest, 1er disciple de Johan) et une sonnerie stridente à vous briser les tympans.

- 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1...

___ « DRIIIIIIIIIIIIING »

___Lia bondit de sa chaise et se précipita vers la porte. De l'air, DE L'AIR ! Une heure entière à écouter les commentaires grossiers, machos et supérieurs de Johan sur leur pauvre prof de biologie était bien plus qu'elle ne pouvait supporter. Parce que voyez vous, même les professeurs ne méritaient pas le respect d'un type comme Johan, et pour cause, la moitié du matériel dont disposait Cobham High était financé par la famille Panaker. Alors forcément, l'héritier ne se gênait pas pour commenter à haute voix chaque courbe du corps de leur jeune professeur de biologie. Il fallait dire que Mlle Peterson le cherchait un peu, avec ses tailleurs cintrés et ses décolletés plongeant. Mais les remarques désobligeantes de Johan écorchaient tout de même les oreilles de Lia, et elle, elle ne pouvait pas se permettre le luxe de se faire virer d'un cours. Parce qu'elle, elle devait se battre pour avoir des notes potables et, un jour, peut-être, se tirer loin de cette fichue ville.
Pour Lia, le lycée s'apparentait à une sorte d'arène aux lions où survivre était un combat de chaque seconde. Et le lion le plus dangereux de tous, c'était Johan. Elle n'était pas assez naïve pour croire que son caractère bien trempé lui donnait droit à un traitement de faveur. Elle savait qu'au moment même où elle semblerait empiéter sur la suprématie de Panaker, ceux-ci la détruiraient. Et ils en avaient les moyens.
Au moment où elle allait enfin passer la porte, elle percuta quelqu'un de plein fouet. Elle releva lentement la tête et... « Et merde ! »

- Lia Panaker ? fit Johan, un profond dégoût dans la voix. Pourquoi je ne suis pas surpris ?
- Parce que je suis la seule à ne pas courber le cou devant toi ! proposa Lia, sarcastique.
- Tu devrais.
- Pour l'instant, je vais me contenter de me tirer aussi loin de toi que possible. Si tu continue à polluer mon air je vais mourir asphyxiée.
- Ne me parle pas de bonheur ! lança-t-il, un sourire rêveur au lèvre. Un monde sans toi, ce serait le pied !
- Bon, ce n'est pas que ces débordements d'amour ne me plaisent pas mais moi... je me casse !
- Bonne idée ! répliqua-t-il en la poussant de manière à ce qu'elle se cogne violement la tête dans le chambranle de la tête. Dégages de mon chemin.


___Lia le regarda partir, sa cour sur ses talons, en se frottant la tête. Le reste de ses camarades quittèrent la salle sans lui accorder un regard. C'était dingue ça, pas un qui s'inquiéterait pour elle. Pas même ceux de son clan !

- Bande de lâches, pesta-t-elle.

___Elle se décida enfin à sortir de la salle et se rua vers son casier. Zut, avec tout ça, elle allait être en retard. Et en plus, elle avait un de ces mal de crâne maintenant... Elle avait l'impression qu'un rouleau compresseur lui était passé sur la tête. Elle se promit de se venger de Johan, avant de ce rappeler qu'elle ne pouvait pas se payer ce luxe. Il fallait seulement qu'elle arrive à garder son sang froid pendant les deux prochaines années, et elle pourrait enfin partir. Deux ans, ça lui semblait une éternité.
Quand elle atteignit la salle d'anglais, le prof était sur le point de fermer la porte. Elle lui adressa un sourire désolé, qu'il lui rendit avant de l'enguirlander devant le reste de la classe pour faire bonne figure. M. Temman était un homme très gentil, qui reconnaissait le courage dont faisait preuve Lia, mais il connaissait les règles.
Lia fila s'asseoir en vitesse à côté de Kay, tête baissée, sous les ricanements de l'ensembles des « rives ouest ».

- Ca va ta tête ? s'inquiéta Kay à voix basse.

___Lia hocha mollement la tête. Elle avait toujours aussi mal, et en plus elle commençait à voir des étoiles, mais elle préférait passer pour une rebelle que pour une victime. Elle ne donnerait pas à Johan le plaisir de savoir combien elle souffrait à cause de lui.

- Les nouvelles vont vites, chuchota-t-elle en faisant semblant d'écouter le cour.
- Surtout quand elles vous concernent, toi et Johan. Je te jure, si je le pouvais, je lui referais le portrait à celui là.
- Mais tu ne peux pas, souligna Lia dans un soupir.
- Il est allé un peu loin sur ce coup là. C'est la première fois qu'il lève la main sur toi.
- Je suis plus étonnée par le fait qu'il ne l'ait jamais fait auparavant...


___Lia cligna des yeux, pour les garder ouverts. Elle avait de plus en plus de mal à voir à travers les points lumineux. Et qu'est ce que la terre tournait vite tout à coup. Et ce qu'il pouvait faire froid dans cette salle, elle en tremblait. Tout à coup, Lia ressentit une affreuse douleur à la poitrine et le froid s'intensifia. Et bientôt, il n'y avait plus rien, juste du blanc et le silence.




Ryan Hansen is Ely
Voilà le tout premier article de the--other-side, qu'en pensez vous?
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# Posté le mercredi 03 septembre 2008 07:08

EPISODE 1 - les voix

EPISODE 1 - les voix
___Lia essaya de savoir si elle avait mal, mais elle réalisa qu'elle ne ressentait rien. Et elle ne voyait rien non plus. Pourtant la lumière blanche ne l'éblouissait pas, elle n'avait même pas besoin de plisser les yeux pour la supporter, mais peut-être était-ce seulement parce qu'elle ne pouvait plus sentir la douleur ? Toujours est-il que la lumière cachait tout le reste. Et elle n'entendait rien non plus. Il n'y avait qu'un silence profond, un silence comme elle n'en avait jamais connu de tel. Elle n'entendait même pas le bruit de sa propre respiration.
Elle ne voyait rien, n'entendait rien, ne sentait rien. Elle n'avait aucun moyen de savoir où elle se trouvait. Elle essaya de baisser la tête pour s'assurer que son corps était toujours là, mais elle n'y parvint pas. Elle essaya de se rappeler les derniers évènements, de se rappeler comment elle était arrivée dans ce lieu étrange. Il y avait eu cet interminable cours de biologie, et... la dispute avec Johan. Oui, la dispute avec Johan, c'était ça ! Il l'avait poussée et sa tête avait heurté le chambranle de la porte.

___Elle était seulement tombée dans les pommes, à cause du choc. Si ses sens ne fonctionnaient plus, c'est parce qu'ils n'avaient plus rien à ressentir, puisque son cerveau n'était temporairement plus en état de marche. Quoi qu'il se passe autour d'elle, elle avait besoin de son cerveau pour le percevoir non ? Alors si son cerveau dormait, c'était normal qu'elle ne perçoive rien du tout.
Mais alors pourquoi est-ce qu'elle pouvait réfléchir ? On réfléchit pourtant bien avec son cerveau... A moins que ce soit son esprit qui parle et que son cerveau serve seulement percevoir toutes les choses matérielles qui l'entouraient, comme la pression exercée par la main de Johan contre son épaule, par exemple. Oula... ça devenait compliqué. Alors, récapitulons, si elle comprenait bien, son esprit était enfermé dans son cerveau qui ne marchait plus, c'était bien ça ?
Mais si son cerveau ne marchait plus, alors elle serait... morte ?

___ « MORTE ? »

___Morte à seulement dix-sept ans ? Avant d'avoir eu le temps de foutre le camp de New Cobham, avant d'être tombée amoureuse, avant d'avoir eu l'occasion de dire à Johan Panaker tout ce qu'elle pensait de lui. Si c'était son destin de mourir aujourd'hui, ils auraient au moins pu la prévenir, qu'elle dise à ses parents qu'elle les aimait, et à Kay, et qu'elle règle son compte à Johan, maintenant qu'elle n'avait plus aucun avenir à protéger. Au moins, le bon côté des choses, c'est pour une fois Johan allait vraiment avoir des problèmes...
Mais si elle était vraiment morte, le paradis, c'était de quel côté ? Et comment elle faisait pour s'y rendre si elle ne trouvait plus ses jambes ?

___Bon, apparemment il n'y avait que son esprit qui était en état de marche. A tout hasard, elle essaya de se concentrer de toutes ses forces sur cette idée, le paradis. Elle voulut le visualiser, mais... ça ressemblait à quoi le paradis ? Bon, disons, un champs de blé, avec des coquelicots, et un grand soleil, et le chant des criquets, et pas de Johan... Elle fixa son esprit sur cette utopie pendant ce qui lui sembla une éternité, mais tout ce qu'elle réussi à obtenir fut le son de sanglots, loin, très loin...
Après tout, des sanglots, c'était mieux que rien. Qui a dit qu'elle devrait être seule dans son paradis ? Elle avait précisé qu'elle ne voulait pas de Johan, mais rien n'excluait d'autres êtres humains.
Elle décida de suivre les pleurs. Elle concentra son esprit sur eux et se sentit s'en rapprocher tout doucement, à mesure qu'ils s'amplifiaient dans son esprit. Celui là était vraiment malheureux ! Est-ce qu'on pouvait être aussi malheureux au paradis ? Puis, des voix se joignirent aux sanglots. Les voix étaient proches, mais à peine audible. Comme si elles craignaient d'être entendues.

- Tu as fait ce qu'il fallait... murmura un homme à l'accent canadien.
- Il a raison, approuva une fille dont la voix semblait aigue.


___Lia supposa que ces deux là essayaient de consoler le troisième, celui qui pleurait.

- Elle me manque aussi, ajouta la fille. Elle nous manque à tous.
- On l'aimait tous, renchérit le garçon. Pas autant que toi, mais on l'aimait tous.
- Et ce que tu as fait pour elle, on l'aurait tous fait, si seulement on y avait pensé.
- Mais t'as toujours été le plus malin.
- JE L'AI TUEE ! s'écria une autre voix noyée par les larmes.
- Non, protesta la fille. Tu l'as sauvée. Si tu ne l'avais pas fait, Kay aurait tiré. Et là...
- Je sais, fit-il plus calmement. Je sais. Je voudrais seulement qu'il y ait eu une autre solution...


___Cette voix... La voix de la troisième personne, de celui qui pleurait, c'était celle de... JOHAN ! Non, ça ne pouvait pas être le paradis. Elle avait pourtant bien précisé qu'elle ne voulait pas de lui dans son paradis. Non, il fallait qu'elle fasse demi-tour, il fallait qu'elle fasse demi tour.
Mais c'était trop tard, elle commençait déjà à recouvrer la vue...

___Au prix d'un immense effort, elle parvint à tourner la tête pour découvrir à qui appartenaient les mystérieuses voix. Sans surprise, elle reconnut Johan, prostré au dessus de son corps. Elle remarqua qu'il serrait sa main dans la sienne, bien qu'elle ne puisse pas encore le sentir. A quelques pas, se tenait la fille, les bras ballants et les yeux rouges. Lia se rappela l'avoir croisé au lycée, sans jamais lui avoir adressé la parole. Elle ne connaissait même pas son prénom. Tout ce qu'elle savait d'elle, c'est qu'elle était de la rive Est. En revanche, elle n'avait jamais vu le garçon qui la tenait par l'épaule. Ni au lycée, ni à New Cobham.

___Le dernier sens à revenir fut le toucher. Elle commença par sentir la dureté du sol sous son dos, puis le vague contact de quelque chose contre la paume de sa main, celle de Johan. Brusquement, elle retira sa main, se leva d'un bond, et recula jusqu'à être bloquée par un mur.

- Ne me touche pas !

___Tous les regards étaient braqués sur elle à présent. Celui de Johan était inquiet alors que les deux autres étaient seulement médusés. Le canadien s'approcha tout doucement de Lia et pausa une main sur son bras.

- N'ai pas peur Lia. Nous sommes toujours tes amis.

___Il n'obtint pour toute réponse qu'un regard effaré de Lia. Qui était cette homme qui prétendait être son ami ? Où était-elle ? Que faisait-elle là ? Pourquoi avait-elle atterri dans cette impasse sombre ? Quelle était cette dimension bizarre où Johan la tuait et prétendait l'aimer ?

- Laisse tomber Nils, commanda Johan qui s'était relevé. Elle ne sait même pas qui tu es.
- Mais...
- Dans son monde, coupa-t-il. Tu n'es pas encore arrivé à New Cobham.
- Ce n'est pas Lia ? questionna la fille, inquiète.
- Si Mara. C'est une Lia, mais pas la notre.


___Dans son monde ? New Cobham ? Une autre Lia ?
Prise d'un élan de panique, Lia s'élança hors de l'impasse et se mit à courir à perte d'halène. Elle courut n'importe où, sans s'arrêter. Elle ne reconnaissait pas se quartier de la ville, si sale et si délabré, elle n'avait aucune idée d'où elle allait, mais elle ne ralentissait pas pour autant. Elle tourna dans une petite ruelle et...oh non... encore une impasse. Elle s'arrêta quelques secondes pour reprendre son souffle et, lorsqu'elle se retourna, ce trouva nez à nez avec un homme. Elle aurait juré reconnaître Dirk, un type de la rive Ouest qui avait l'habitude de forcer un peu trop sur l'alcool, s'il n'avait pas eu l'air si misérable, avec ses fringues trouées et l'odeur de poubelle qui lui collait à la peau. Elle grimaça.

- Lia ? Lia Ries ? Tu... tu... tu n'es pas morte ?

___Visiblement pas !
Elle allait répondre lorsque Johan déboula derrière le présumé Dirk et lui enfonça un pouce dans la gorge, à la manière des indiens dans les films. Le type s'écroula au sol en une seconde.

- Est-ce que tu es folle ? Tu essayes de te faire tuer ou quoi ?
- Je veux seulement rentrer chez moi ! répondit Lia, les yeux fixés sur le corps étendu par terre.
- C'est aussi ce que je veux, mais si tu le veux bien, on va aller y réfléchir à l'abri ! S'ils apprennent que tu es en vie, ils te chercheront pour te tuer, et pour de bon cette fois.
- Tu l'as tué ? demanda-t-elle, la gorge serrée.
- Non, il est seulement dans les vaps. Ce n'est qu'un junky, personne ne le croira.


___Lia poussa un soupir de soulagement.

- Bon, tu viens ? s'impatienta Johan. On n'a pas toute la journée.

___Elle hocha la tête et le suivit. Après tout, quel autre choix avait elle ? Et il avait l'air d'en savoir long sur le pourquoi de sa présence là-bas. Il connaîtrait sûrement le moyen de la renvoyer chez elle... Sinon, il pourrait au moins lui expliquer où elle était, et pourquoi.




Vous venez de faire la connaissance du deuxième Johan, celui auquel je faisais allusion dans l'article de présentation...
Il y aura de plus amples explications dans le prochain épisode.
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# Posté le vendredi 05 septembre 2008 07:23

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 07:37

EPISODE 2 – L'autre.

EPISODE 2 – L’autre.

___Lia se frotta les bras avec les paumes de ses mains, il faisait un froid de canard. Elle regarda autour d'elle, légèrement effrayée, cet endroit ressemblait à une scène de film catastrophe. Vous savez, quand tout le monde se cache sous terre dans l'espoir d'échapper aux aléas de la nature. Chaque pièce, et il n'y en avait que trois, était plongée dans la pénombre, la seul lumière étant celle des bougies que Mara avait éparpillées dans la cachette. Au moindre faux mouvement, tout pouvait prendre feu. Les meubles étaient on ne peut plus rudimentaires (trois vieux lits recouverts de vieilles couvertures, un poêle, quelques étagères en bois pour la nourriture, des cagettes en carton pour les vêtements...) et les murs comme le sol n'étaient que béton. « Flippant. »

- Lia ? fit la petite voix de Mara. Tu veux peut-être te laver ?

___Elle baissa les yeux sur son t-shirt plein de sang et hocha la tête. Elle préférait se débarrasser de tout ce que lui rappelait qu'elle était censée être morte. En plus, l'odeur du sang était vraiment désagréable...
Mara la conduisit dans la seconde pièce. C'était une pièce ridicule, ne comportant qu'un vieux WC dont la lunette était cassée et une pomme de douche, dont l'eau s'écoulait dans un petit trou au coin de la pièce. Lia ne se plaindrait plus jamais de la petitesse de sa maison...

- Désolée, je sais que ce n'est pas le grand confort mais... c'est tout ce qu'on a.
- C'est pas grave, la rassura Lia. Je survivrai.


___Elle réalisa aussitôt qu'elle n'avait pas choisi les bons mots et voyant les yeux de Mara se baisser vers le sol. Elle avait presque oublié que dans ce monde, ou cette dimension, ou quoi que soit cet endroit, elle était déjà morte.

- Fait attention, l'eau n'est pas chauffée, ajouta Mara avant de la laisser seule. Je vais te préparer des vêtements propres.



___Lia enfila docilement les vêtements que Mara lui tendit. Elle n'y connaissait pas grand-chose, mais elle pouvait tout de même dire qu'il s'agissait de vêtements de marque. Ils n'étaient pas particulièrement à la mode, et ils semblaient avoir largement fait leur temps, mais les étiquettes ne trompaient pas. Pourtant, elle était certaine que Mara était une fille de la rive Est...

- Ces fringues sont à toi ? questionna-t-elle, intriguée.
- Elles l'étaient, je te les ai données quand je vous ai rejoint, toi et Johan.
- Tu es devenue riche ? fit Lia avec des yeux ronds.
- Tu connais beaucoup de gens qui ont fait fortune à New Cobham ? questionna Mara en souriant.


___Non. A New Cobham, on était riche ou on ne l'était pas, mais on ne changeait pas de camps. Jamais. Et si par hasard un riche faisait faillite, il préférerait mettre fin à ses jours ou s'exiler que d'affronter cette honte. Quant aux pauvres, et bien les riches veillaient à ce qu'ils restent pauvres.

- Ici, expliqua Mara. La rive Est est le côté des riches, alors que la rive Ouest est celui des pauvres. Alors si dans ton monde toi et moi sommes pauvres, ici nous sommes riches. Enfin, nous l'étions. Mais Johan t'expliquera tout ça bien mieux que moi, conclut-elle.
- Johan... répéta pensivement Lia. Pourquoi est-ce qu'il essaye de me sauver après m'avoir tuée ? Il a des remords tout à coup ?
- C'est un peu plus compliqué que ça, répondit doucement Mara.


___Mara mit une mèche de cheveux derrière son oreille et jeta un coup d'½il en biais à Lia.

- Lia ? Je peux te poser une question ?
- Bien sûr.
- Qui est ta meilleure amie ?
- Kay, répondit Lia sur le ton de l'évidence. Elle l'a toujours été.
- Et ton pire ennemi ?
- Johan... avoua timidement Lia, devinant qu'il y avait anguille sous roche.
- C'est ce que je craignais, murmura Mara. Essayes d'oublier tes préjugés quand Johan t'expliqueras ce qu'est notre monde, conseilla-t-elle.


___Sur ses mots, Mara ouvrit la seconde porte qui menait à un espèce d'entrepôt remplis d'armes et de paperasses jaunies. Assis à même le sol, les deux hommes astiquaient silencieusement leurs armes. L'un et l'autre semblaient plongés dans leurs pensées, aucunement troublés par ce silence pensant. A la vue de Lia, Nils rangea son arme à sa ceinture, se leva, et quitta la pièce, refermant la porte derrière lui. A présent seule avec lui, Lia regarda Johan travailler sans oser dire un mot ou même bouger.

- Assieds-toi, fit Johan sans lever les yeux.
- C'est un ordre ? le défia Lia.
- Non.


___Elle s'assit en face de lui et replia les genoux contre sa poitrine.
Johan se décida enfin à poser son pistolet et son chiffon à côté de lui, relevant les yeux vers elle. Elle le vit serrer les mâchoires, soupirer, et il commença enfin son récit.

- Je vais commencer par t'expliquer ce qu'est ce monde. Il s'agit d'une dimension parallèle à celle dans laquelle tu vis. Nous avons les mêmes villes, les mêmes lieux, les mêmes personnes. Tout ce qui se passe ici se passe chez toi, et tout ce qui se passe chez toi ce passe ici. Et pourtant ce sont deux mondes différents. Nos mondes sont étroitement liés, mais pas identiques.
Pour faire simple, mon monde est à la fois l'opposé et l'hyperbole du tien. Ici, tout est amplifié. C'est pour ça que ce qui chez toi n'est qu'une légère querelle, est une véritable guerre civile ici. Quant aux oppositions, c'est très complexe... Tout est inversé, mais il est difficile de définir autour de quel critère.
- Attends, l'interrompit Lia. Si nos mondes sont censés être si proches. Pourquoi est-ce que je n'ai jamais vu Nils ? Et pourquoi est ce qu'ici je suis amie avec Mara alors que chez moi je ne lui ai jamais parlé ? Et où est Kay ?
- C'est là que ça se complique, expliqua calmement Johan.


___Lia haussa un sourcil. Est-ce que les choses pouvaient être plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà ?

- En principe, nos deux mondes sont régis par le destin. Par exemple, c'était ton destin de mourir aujourd'hui.
- Alors pourquoi est-ce que je suis toujours en vie ?
- J'y viens. Le fait est que, comme tous les sentiments et les passions sont amplifiés ici, les choses ont un peu dérapés, d'où la guerre civile, et le destin a été déréglé. C'était prévu que Lia et moi tombions amoureux, et c'était aussi prévu que notre relation envenime la situation à New Cobham en déclanchant la colère de la rive Est, mais pas aussi rapidement. Ce qui chez toi n'est qu'une attirance assez petite pour être refoulée était pour nous une passion dévorante à laquelle nous avons vite cédé. Ça a déclenché la guerre, et tout le reste a suivi. C'est pour ça que tu n'as encore jamais parlé à Mara, elle est seulement devenue l'amie de Lia en se rangeant de son côté quand notre liaison a été découverte. C'est aussi pour ça que tu n'as jamais vu Nils, il est arrivé alors que la guerre civile était déjà déclenchée. Son cas est un peu particulier, c'est un neutre. Sa famille est issue de la rive Est, mais ses parents ont déménagé avant sa naissance pour leur travail, et son revenu après avoir fait faillite. Maintenant, ses parents essayent de se fondre dans la rive Ouest, et il s'est joint à nous. Tu comprends ?
- Je crois, fit-elle avec un hochement de tête. Mais ça ne dit pas pourquoi je suis en vie alors que l'autre moi est morte, ni ce que je fais ici.
- Si tu es en vie, c'est parce que j'ai découvert qu'en jouant contre le destin je pouvais préserver ton monde des tragédies du mien, j'ai découvert que les choses n'étaient pas forcées d'être identiques. Si Lia était morte dans le cours normal du destin, tu serais morte aussi. Or, ce n'était pas mon destin de la tuer de mes propres mains, ce qui explique que tu ne sois pas morte.


___Elle sentit qu'il ne souhaitait pas vraiment s'étendre sur la question, qui était encore trop douloureuse.

- Tu l'as tuée pour me sauver, moi, récapitula Lia.
- Oui. J'aurai aimé qu'il y ait une autre solution, mais cette fois il n'y avait aucune fuite possible, ils l'auraient tuée.
- Alors comment vous en êtes vous sortis ?
- Je te montrerai, plus tard, promit-il. Quand j'aurai la force de revoir ces images.
- Me montrer ? répéta Lia. Images ?


___Johan fronça les sourcils, semblant hésiter, réfléchir, puis tendit les mains vers Lia, paumes en l'air.

- Donnes moi tes mains.

___Elle s'exécuta sans broncher, elle savait maintenant qu'elle pouvait avoir confiance en ce Johan là. A l'instant même où leurs paumes entrèrent en contact, un torrent d'images s'insinua dans l'esprit de Lia. Elle revit son arrivée dans ce monde à travers les yeux de Johan. Elle ressentit sa confusion et son inquiétude lorsqu'il avait comprit qu'elle avait pris la place de l'autre Lia, la peur quand elle s'était enfuie, le soulagement en la retrouvant saine et sauve, la douleur de voir le visage de la femme qu'il aimait sans que ce soit vraiment elle. Brusquement, il retira ses mains et les enfonça dans ses poches.

- Voici la dernière chose que tu devrais savoir sur notre monde, dit-il pendant qu'elle le regardait avec des yeux ronds comme des soucoupes. Ici, chaque individu dispose d'un don. C'est encore un des symptômes du fait qu'ici, tout est amplifié. Par exemple, le Johan de ton monde est juste très doué pour deviner les humeurs des autres et très expressif quand aux siennes, moi, je peux lire dans les pensées des gens et leur transmettre les miennes par un simple contact cutané.
- Et moi ? Enfin, l'autre moi ?
- Elle se téléportait. Il lui suffisait de penser à un endroit pour y être.
- Cool... Et Mara, et Nils ?
- Mara devient invisible. Et Nils est un guérisseur.


___Wah... Il y avait à peine quelques heures... Ou peut-être plus ? Depuis combien de temps était-elle là ? Et combien de temps était-elle restée dans cet « entre deux », dans ce néant lumineux ? Bref, il n'y a pas si longtemps, Lia ne croyait pas à la magie, ni en dieux, ni au destin, ni à rien qui s'en rapproche. Et voilà qu'elle se retrouvait dans un monde parallèle, régit par le destin, où les gens avaient des pouvoirs magiques ! C'était dingue, complètement dingue... Mais comment ne pas croire toutes ces choses après la démonstration que venait de lui faire Johan ?

- Et comment j'ai atterri ici ?
- Je n'en sais rien, je n'avais pas prévu ça...
- Mais comment est ce qu'on va trouver le moyen de me renvoyer chez moi si...
- On trouvera, coupa Johan. On cherchera et on trouvera. Je te le promets, mais demain, j'ai eu une longue journée, j'ai besoin de dormir.
- D'accord, murmura Lia.


___Après tout, une nuit ne changerait pas grand chose. Et puis elle aussi était fatiguée, maintenant qu'il en parlait, elle était même éreintée... C'est épuisant, de mourir, de ressusciter, de voyager entre les dimensions.
L'un comme l'autre se levèrent et se dirigèrent vers la porte d'un même pas, si bien qu'ils se retrouvèrent épaule contre épaule. La situation, rappelant à Lia l'incident du cours de bio, lui fit froid dans le dos. Mais à sa surprise, Johan recula d'un pas pour la laisser passer.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 13:58

EPISODE 3 – La guerre.

EPISODE 3 – La guerre.
___Lia ne prit conscience du temps qui s'était écoulé qu'au moment d'aller se coucher. Jusque là, elle n'avait pas vraiment eu le temps d'y réfléchir. Elle était bien trop occupée à avoir peur ! Mais maintenant qu'elle y repensait plus tranquillement, il lui semblait que le soleil était en train de se coucher lorsqu'elle s'était réveillée dans l'impasse. En un sens, c'était logique, on ne voyageait pas entre deux dimensions d'un claquement de doigts. Mais Lia avait du mal à admettre que toute cette histoire réponde à une quelconque logique. Logiquement, les dimensions parallèles n'existaient pas. Et logiquement, on ne se réveillait pas après s'être pris une balle en plein c½ur.
Toujours est-il qu'il faisait déjà nuit à New Cobham, et que Lia, Johan, Mara et Nils s'apprêtaient à récupérer de cette longue journée par une bonne nuit de sommeil.

- Euh... fit Lia, hésitante, en regardant alternativement les trois lits présents dans la pièce. Je dors où ?

___Mara lui lança un regard paniqué avant de se rappeler qu'il ne s'agissait pas de la Lia qu'elle connaissait, puis esquissa un petit sourire. Elle avait du mal à se faire à l'idée que la jolie blonde qu'elle avait en face d'elle n'était pas sa meilleure amie, ou du moins pas encore, mais une étrangère, si bien que la question ne lui était même pas venu à l'esprit. Aux yeux de Mara, il était évident que Lia dormirait là où elle avait toujours dormi...

- Elle dormait où l'autre Lia ? insista-t-elle.

___Johan fit signe à Mara de taire, et regarda Lia d'un air gêné.

- De toutes façons, fit-il en évitant la dernière question de Lia. Il faut que quelqu'un fasse la surveillance, ça libérera un lit.
- Un surveillance ? s'exclama Nils. En pleine nuit ? S'ils savaient où on se cache ils seraient venus depuis longtemps...
- Ils peuvent le découvrir n'importe quand. Qu'est-ce que tu crois, qu'ils attendent gentiment qu'on croise leur chemin ? Et bien non, figures toi qu'ils continueront de fouiller chaque recoin de la ville jusqu'à ce qu'ils aient nos têtes.
- Calme-toi Johan... conseilla doucement Mara. Il est juste surpris. On n'a jamais fait de surveillance nocturne auparavant.
- Je sais, mais elle ne pourra pas se défendre s'il y a une attaque, expliqua-t-il avec un geste de la main vers Lia. S'ils sont dans les parages, il faudra fuir avant qu'ils ne nous trouvent.
- J'y vais, lança Nils. Je n'ai pas sommeil de toutes façons.


___Il sauta sur ses pieds, libérant un lit, et marcha droit vers la porte.

- Tu devrais mettre des épaisseurs, conseilla Mara. Les nuits sont vraiment froides ici.

___Lia hocha la tête et prit un pull supplémentaire dans le tas de vêtement que Mara avait désigné comme le sien, plus tôt dans la soirée. Elle n'avait jamais été frileuse, mais elle devrait admettre que Mara en savait bien plus qu'elle sur ce monde. Faire la maligne ne l'aurait pas avancée à grand-chose, sinon à attraper la crève.
Elle jeta un coup d'½il vers Johan qui s'était déjà glissé sous les couvertures, le visage tourné vers le mur. A sa grande surprise, elle ressentit un peu de tendresse pour lui. Il devait mourir d'envie de souffrir en paix, de pouvoir faire son deuil tranquillement, sans être obligé de s'occuper d'elle en plus. Mais il le faisait quand même, et sans se plaindre. Il continuait de veiller sur elle alors que, plus que quiconque, elle lui rappelait qu'il venait de perdre la femme qu'il aimait. Elle se demanda s'il lui en voulait d'être en vie alors que l'autre était morte, puis elle se rappela que c'était justement grâce à lui, qu'elle était en vie.
Contrairement à Mara, Johan distinguait parfaitement les deux Lia. Et à ses yeux, celle-ci n'était qu'une étrangère.

- Mara ? chuchota Lia. Elle dormait où, l'autre Lia ?
- Avec Johan, répondit Mara dans un sourire. Elle disait que c'était le seul endroit où elle se sentait en sécurité.
- Oh...


___En parlant de sécurité...

- Et ici, on est en sécurité ? interrogea-t-elle d'un voix tremblotante.
- Oui. On est dans le bunker du capitole. Le capitole à été détruit par une attaque terroriste de la rive Ouest il y a deux ans, mais on a découvert que le bunker était toujours là. Ça a pleins d'avantage : personne n'est au courant de son existence, c'est blindé, pour y accéder c'est un vrai labyrinthe, et il y a pleins de sorties. On a très peu de chance de se faire encercler.
- Il ne manque plus que le chauffage, est ce serait parfait ! lança Lia.
- C'est ce que disait Lia...
- Ah oui ? Tu crois qu'on pourrait être vraiment pareilles, elle et moi ? Comme, une seule âme dans deux corps ou un truc dans le genre ?
- Je ne sais pas... avoua Mara. Johan a l'air de dire que non mais, vous vous ressemblez tellement...


___Lia laissa tomber sa tête sur l'oreiller en repensant aux derniers mots de Mara. « Vous vous ressemblez tellement. » Elle se rappela aussi le discours de Johan sur le lien entre leurs deux mondes. Et si, en voulant couper le lien entre les deux Lia, il n'avait fait que le resserrer ?

- Bonne nuit Lia, chuchota Mara.
- Bonne nuit.


___Mais elle se pausait bien trop de questions pour pouvoir dormir. Elle était aussi intriguée par se monde qu'elle avait envie de rentrer chez elle. Lia était une fille intelligente, elle aimait comprendre. Et puis, elle n'était pas habituée aux questions sans réponses. Chez elle, tout était si simple, réglé par la haine entre les deux rives. Elle savait de qui se méfier et en qui avoir confiance. Elle savait même qui elle devait aimer ou haïr. Ici, c'était différent... Elle se demandait comment deux mondes, qui était fait pour fonctionner en miroir, pouvaient être devenus si différent. Pas même opposés, car l'opposition aurait été plus proche que ce chaos.
Et il y avait les autres questions, les questions d'ordre plus pratiques. Comment avait-elle arrivée dans le corps de l'autre Lia ? Comment se faisait-il qu'elle ne soit pas morte elle aussi en entrant dans ce corps ? Est-ce que la balle était toujours dans sa poitrine, bien qu'elle n'ait aucune cicatrice ? Et qu'en était du son corps à elle ? Mort lui aussi ? Possédé par l'esprit de l'autre Lia, comme par un malencontreux échange ?
Mais que ferait l'autre Lia dans un monde dont elle ignorait tout et où l'on ignorait tout d'elle ? Là-bas, il n'y avait personne pour lui expliquer ce qui lui arrivait et la prendre en charge ? Serait-elle capable de jouer la comédie avec des parents qui, dans son monde, essayait de la tuer ? Y aurait-il une seule personne sur qui elle puisse compter là-bas ?

- Mara ? fit Lia. J'aurais un dernier truc à te demander...
- Oui ? répondit la jeune fille d'une voix ensommeillée.
- Johan a refusé de me dire où était Kay.


___Au moins, elle ne pouvait pas être morte. L'idée rassurait à peu Lia, mais pas assez pour lui laisser l'esprit tranquille. Si Kay était morte aussi, elle l'aurait aussi été dans l'autre monde, et Lia l'aurait su. A moins que... à moins qu'elle ne soit morte après elle. A moins qu'elle ne soit morte pendant que son esprit voyageait entre les deux mondes.

- Est-ce qu'il l'a... est-ce qu'il l'a tuée ? articula-t-elle difficilement.
- Non, mais il en rêve.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est à cause d'elle que tu... enfin, que Lia est morte. Elle l'aurait tuée s'il n'avait pas réagis à temps, et elle t'aurait tuée avec. Kay veut notre mort plus que quiconque.
- Non... protesta Lia qui sentait les larmes lui monter aux yeux. Kay ne ferait jamais une chose pareil ! C'est ma meilleure amie !
- PAS ICI !


___Les deux filles sursautèrent lorsque la voix de Johan retentit depuis le coin de la pièce. Ni l'une ni l'autre n'aurait su dire si c'était la peine ou la colère qui étouffait sa voix, mais aucune n'osa poursuivre la conversation. Lia étouffa un sanglot.

- Je suis désolée, murmura Mara, autant pour Lia que pour Johan.

___Non, non, non ! Lia ne pouvait pas croire que Kay soit devenue son ennemie... Elles avaient grandies ensembles, comme des s½urs. Kay avait toujours été à ses côtés, elle l'avait toujours soutenue et ne l'avait jamais laissée tomber. Elle ne pouvait pas croire que la haine entre les deux rives soit plus forte que leur amitié.
Alors c'était vraiment la guerre ? La guerre comme dans les livres d'histoire ? Avec des cachettes dans des bunkers désaffectés, des trahisons et des morts ? Quelques larmes glissèrent lentement le long des joues de Lia pour tomber dans son cou. Elle commençait à peine à réaliser l'ampleur de cette guerre civile dont lui avait parlé Johan, et elle ne le supportait déjà pas.
Elle voulait rentrer chez elle. Elle voulait retrouver les parents qui étaient fiers d'elle et la meilleure amie qui l'aimait. Elle voulait même se disputer avec Johan s'il le fallait. Se battre contre ses ennemis, chaque jour au lycée, était une chose, mais se battre contre sa propre famille et contre ceux que l'on prenait pour ses amis, c'était impensable.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 14:00